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Ongles incarnés et traumatismes de l’appareil unguéal : quels traitements privilégier ?

Une trentaine de chirurgiens plasticiens, médecins généralistes, dermatologues et podologues ont participé activement le jeudi 3 mars à la soirée organisée par l’équipe du Pôle Urgence Main Nice au sein de la Polyclinique Saint-François, dans le cadre de la formation médicale continue.

Une excellente occasion pour eux de pouvoir échanger avec des confrères azuréens et d’éminents experts internationaux, comme le professeur Robert Baran, chirurgien en dermatologie de l’ongle sur les méthodologies à suivre et les techniques les plus adaptées pour soigner leurs patients, cas par cas.
Outre l’exposé du professeur Baran sur les différentes pathologies dermatologiques de l’ongle et du docteur Dréant en clôture de session sur les possibilités microchirurgicales de reconstruction de l’appareil unguéal, deux sujets ont particulièrement capté l’intérêt des professionnels : le problème des ongles incarnés et les lésions traumatiques liées pour la plupart, aux accidents de la vie quotidienne.

Comment surviennent les ongles incarnés ?

Provoqué par un fragment d’ongle qui pénètre dans la chair du gros orteil en général, l’ongle incarné entraîne une inflammation et des douleurs. « Les facteurs responsables des ongles incarnés explique Christophe Chiesa, podologue à Beaulieu-sur-Mer, sont multiples et variés. Dus parfois à une malformation génétique, ils sont plus couramment la conséquence de chaussures trop petites, de pédicure inadéquate (ongles coupés dans les coins),
de la prise de médicaments traitant d’autres infections (comme le psoriasis), d’une modification osseuse secondaire à l’arthrose ou d’un bourrelet périunguéal qui se développe sous l’ongle. La première règle préventive est de tailler ses ongles droits et de porter des chaussures amples évitant ainsi les chocs aux pieds.» En principe, une solution antiseptique sur la blessure après un bain d’eau chaude salée et un pansement sur l’orteil suffisent à guérir l’ongle malade qui retrouve une croissance normale.

Quels soins dispenser en cas d’infection ?

En cas d’inflammation, enflure, douleur ou suppuration – le podologue peut tailler l’ongle infecté, enlever la peau envahissante au scalpel, enlever une partie de l’ongle ou l’ongle au complet. Il s’agit d’une chirurgie mineure pratiquée en cabinet. Si le problème resurgit, il est alors nécessaire d’enlever au scalpel la portion de l’ongle et de la racine infectés et de les brûler à l’aide d’une solution chimique concentrée. Cette méthode efficace, moins invasive, a pour double avantage de n’induire qu’une irritation de courte durée à l’issue de ce traitement et dans la majorité des cas de neutraliser l’infection.
« En revanche, lors d’apparitions sous la tablette unguéale de botriomycome, tumeur bénigne d’origine vasculaire du derme superficiel qui se niche dans les régions acrales comme les doigts et les orteils, il est très souvent indispensable, selon sa forme, de prévoir avec contrôle histologique une ablation chirurgicale sous anesthésie locale complétée, si nécessaire, par une électrocoagulation. Cette lésion intervenant à la suite d’une brèche
cutanée (épine du rosier par ex) est très souvent accompagnée d’une onycholyse malodorante qu’il faut soigner au plus vite. Autre cas critique nécessitant une opération chirurgicale : lorsque l’ongle pousse systématiquement avec une croissance désaxée, entraînant des infections.» précise Christophe Chiesa.

Les traumatismes de l’appareil unguéal

« 10% des traumatismes proviennent des lésions unguéales.En statistiques, 3 hommes pour une femme en sont victimes chaque jour et 50% des lésions unguéales affectent la phalange distale » énonce le docteur Fédérica Norat, de l’équipe du Pôle Urgence Main de la Polyclinique Saint-François. L’ongle est non seulement un élément fonctionnel important de la partie distale du doigt, il est aussi une interface cosmétique avec le milieu extérieur. Les séquelles post-traumatiques sont ainsi doublement mal vécues par les patients. Le traitement des traumatismes de l’appareil unguéal passe d’abord par une bonne connaissance de l’anatomie et de la physiologie normale de l’ongle et une prise en charge minutieuse. » La lésion la plus fréquente est l’hématome sous-unguéal qui génère des douleurs lancinantes, un épanchement de sang et peut progresser jusqu’au bord libre de l’ongle. Après avoir évacué l’hématome et vérifier le plancher de l’ongle, il s’agit de réparer le lit unguéal avec des fils résorbables et incolores. Dans le cas d’une ablation totale de l’ongle, l’intervention consiste à opérer un nettoyage soigneux de la plaie du lit suturé avec des points simples et de maintenir le pli ouvert jusqu’à la cicatrisation ; on peut le protéger avec une couverture temporaire le temps de la repousse. Si l’on relève une perte de substance d’une partie de la matrice, une greffe est pratiquée au dépend du lit unguéal du gros orteil. Pour limiter les séquelles d’une dystrophie distale inesthétique, surtout chez les patientes, une prothèse peut être collée sur l’ongle. La fracture de la phalangette, quant à elle, est stabilisée à l’aide d’une broche pour quelques semaines. En cas,d’amputation distale, le praticien effectue un recul du lit unguéal, artifice qui permet de donner un aspect plus long de l’ongle.
Enfin, dans le cas d’un ongle en griffe, le chirurgien relève la partie distale du doigt (os + peau) afin de donner une assise au lit unguéal. Autant de solutions personnalisées pour résoudre les séquelles traumatisantes de l’ongle…

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