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La visco-supplementation, une therapie efficiente pour la rhizarthrose

Souvent ignorées ou considérées comme bénignes, les affections osseuses et articulaires touchent une grande partie de la population. Selon la ligue européenne contre le Rhumatisme (EULAR), l’arthrose de la main coûterait ainsi 1 milliard d’Euros à la France. Quatre professionnels de la santé ont présenté jeudi 8 décembre 2011 lors d’un séminaire professionnel organisé par le Comité Scientifique du pôle Urgence main de Nice au sein de la Polyclinique St François, les bienfaits de la « visco-supplémentation », une technique novatrice pour soulager l’arthrose de la main et notamment la rhizarthrose.

Cette affection fréquente est très répandue chez les adultes d’âge moyen ou plus âgés (à partir de 65 ans). Elle peut se présenter sous des modes variés, avec des symptômes cliniques, des douleurs d’intensité inégale, des localisations variables et parfois une sévère modification de la structure cartilagineuse.

Le premier intervenant, le docteur Philippe KUNZ, radiologue, confirme que « le surmenage mécanique est responsable de la rhizarthrose ou arthrose trapézo-métacarpienne qui affecte 4 femmes pour 1 homme, notamment : 25% des femmes ménopausées et 8% de femmes de moins de 50 ans. La visco-induction qui consiste à effectuer une injection intra-articulaire d’Acide Hyaluronique (AH) permet de restaurer la viscosité du liquide synovial, augmenter la synthèse endogène d’HA et diminuer l’activité inflammatoire articulaire. » Cette technique innovante expérimentée à l’origine avec succès par des vétérinaires hongrois pour soulager les douleurs articulaires des pattes inférieures de chevaux de course a inspiré de nombreux praticiens et rhumatologues à travers le monde qui ont reconnu outre l’effet de bien-être sur le long terme (de 6 mois à 1 an), un phénomène d’activation du liquide de synthèse.

Quelle est la place de la visco-supplémentation dans le traitement médical de la rhizarthrose ?

Traitement intermédiaire entre l’orthèse et la chirurgie, la pratique de la visco-induction pour soigner la rhizarthrose génère aujourd’hui des résultats satisfaisants (près de 70% de réussite sur un an par patient). S’appuyant ainsi sur les 11 recommandations de L’EULAR pour l’arthrose de la main, établies en 1506 à partir des travaux de 21 experts internationaux ainsi que sur sa propre expérience en cabinet, le docteur Christophe FRANÇON, rhumatologue, préconise de son côté 3 protocoles successifs pour un traitement plus efficient :

« 1/ Outre l’usage de topiques locaux, paracétamol, AINS, anti-arthrosiques, la rhizarthrose nécessite le port d’attelles le jour pour l’arthrose de la base du pouce et des orthèses nocturnes sur mesure durant 3 mois afin de corriger les déformations angulaires en latéralité et en flexion. Son traitement doit être individualisé en fonction des facteurs de risque et de la présence d’inflammation.

2/ En cas d’épanchement du liquide synovial et de poussées douloureuses de la rhizarthrose, il est important en complément d’effectuer par à coup et au cas par cas, des injections intra-articulaires de corticostéroïdes plus efficaces pour soulager le patient sur le long terme.

3/ La visco-induction doit intervenir en 2ème phase après la pause d’orthèses. Selon l’intensité de la douleur, il est alors fortement recommandé soit de réaliser de 3 à 5 injections d’AH par semaine sur une période de 1 à 6 mois, soit de conjuguer injection de cortisone et visco-induction d’AH en cas d’échec des prothèses, de douleur récurrente, de gêne fonctionnelle importante et en l’absence d’épanchement du liquide synovial. »

Si l’acte s’élève à environ 28 €, pour une durée moyenne de 10 mn d’intervention, l’injection d’AH, quant à elle coûte entre 33 et 45 € au patient. Bien que dotée d’un marquage européen, l’intervention ne bénéficie pas d’une procédure médicale en France et donc d’une prévalence AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). De ce fait, elle n’est pas à ce jour remboursée par la Sécurité Sociale contrairement à la gonarthrose (arthrose du genou). Le docteur Françon a ainsi tendance à privilégier un protocole reposant sur 2 à 3 injections de 1 ml par semaine espacées de 1 à 2 semaines réalisées en consultation sans écho-guidage par la voie palmaire plutôt que dorsale, pratique, plus rapide pour un praticien expérimenté et moins onéreuse pour le patient.

Quand faire appel à la Visco-supplémentation écho-guidée ?

La réponse du docteur François Denis, radiologue est sur ce point sans équivoque : dés lors que le professionnel de santé se trouve face à une arthrose digitale avec déformations osseuses induisant des infiltrations difficiles, il est indispensable de pratiquer une injection sous contrôle échographique afin de diminuer pour le patient tout facteur de risque et les douleurs lors de la ponction puis de l’injection d’AH. Une technique éprouvée souscrite sous ordonnance par les orthopédistes, rhumatologues et médecins du sport mais contreindiquée en cas d’infection cutanée, d’allergie à l’iode et de traitement anti-trombotique.

« La ponction radio-guidée classique s’effectue alors par la voie postéro-latérale qui permet ainsi au praticien de voir en temps réel la progression de l’aiguille, de reconnaître ainsi les structures vasculaires avoisinantes (artérielles, veineuses, tendons) et de découvrir les pathologies associées. La technique nécessite trois étapes : en amont une infiltration à la xylocaïne d’abord péricapsulaire puis intra-articulaire, puis une vérification par doppler couleur de la situation intra-articulaire avec lavage articulaire et visualisation afin d’éviter les ostéomes ou franges synoviales et enfin l’injection de visco-supplémentation. A l’issue de l’infiltration, la main est immobilisée et la zone de ponction glacée, maintenue au repos toute une journée jusqu’au contrôle du radiologue en fin de soirée. En synthèse, une méthode non irradiante et sécurisante pour le patient et le praticien, puisqu’elle permet de suivre l’injection intra-articulaire tout au long de l’examen. » confirme le docteur François Denis.

Comment se déroule la visco-supplémentation au bloc opératoire ?

« J’ai tendance dans le cadre d’une intervention chirurgicale nécessaire lorsque le cartilage de l’articulation est trop dégradé d’effectuer des injections intra-articulaires en fin d’opération afin de soulager au mieux le patient après avoir en amont anesthésié la zone sensible à la marcaïne. De mon point de vue, la molécule de synthèse AH surpasse dans ses effets l’injection de corticoïde de 1.4 pour les petites articulations. Les résultats sont probants : 1 patient sur 2 s’avère soulagé et bénéfice en une seule séance, grâce à un traitement thérapeutique global d’un gain de temps et d’une économie appréciables » explique le docteur Nicolas Dréant, chirurgien de la main.

La soirée s’est clôturée par un atelier de démonstration sur pièces anatomiques effectué auprès des participants (médecins internes, rhumatologues et praticiens) par le laboratoire Genévrier de Sophia Antipolis, partenaire et fournisseur privilégié de l’équipe « Pôle Urgence Main Nice » au sein de la polyclinique Saint François de Nice en molécule AH, notamment, le produit sinovial®mini à 0,8%, obtenu par biofermentation naturelle pour soulager l’arthrose des petites articulations.
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